AU SECOURS JE VIS

 

Quand j’entends parler de « cloche »

C’est pas Big Ben que l’on cite.

Vagabond, mouche du coche,

L’un comme l’autre, nous sommes sans suite.

Avec mes hardes crasseuses,

Je traîne ma peau décrépie,

Et cette carcasse calleuse,

Au secours, je vis !

 

Le ventre vide, les poches de même,

De toutes façons, elles sont percées.

Et dans ma tête pleine de bohème,

Aucune envie de travailler.

Pourquoi vouloir se fatiguer ?

Des gens comme ça j’ai le mépris.

Il faut pourtant pouvoir manger.

Au secours, je vis !

 

                        Amour, liberté,

                        Ce sont des mots beaucoup cités.

Amour, amitié,

Je n’arrive pas à les aimer.

 

Un bout de pain et de l’alcool,

Ca me permet de me pinter.

C’est ce qui fait que sur ma gueule,

On voit des traces bien marquées.

De tous ces jours bien arrosés,

C’est dans ce cas que j’ai envie,

De vous parler, de vous crier,

Au secours, je vis !

 

Il faut pouvoir le supporter,

Nous les trimards, les vagabonds,

Nous ne serons jamais aimés,

Notre domaine c’est sous les ponts.

Comment sortir de cet enfer ?

La société hotte l’envie

De retrouver son univers.

Au secours, je vis !

                       

Amour, liberté,                                  Amour, amitié,

Ce sont des mots beaucoup cités.       Avec ma gueule qui peut m’aimer ?

Amour, amitié,                                  Amour, liberté,

Je n’arrive pas à les aimer.                 Les gens comme moi sont arrêtés.

 

 

1er. Septembre 1990

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