LES FLEURS FANEES
A la grande école éternelle,
Chacun a son tableau d’honneur.
Chacun son amour et sa belle,
Chacun son jour, chacun son heure.
A la distribution des prix,
Sur ma tête y a pas de lauriers,
Mais un bonnet d’âne, je suis
Le dernier de l’humanité.
Ah !
J’ai laissé tomber mon cœur
Dans le
fond d’un encrier.
Dans ma
musette y avait des fleurs
Mais elles
se sont fanées.
Ce n’est pas de ma faute si
Je ne suis pas fort en dictée.
Si la grammaire de la vie
A des règles trop compliquées.
Mes yeux vont plus vers les bruyères
Que vers les lignes des cahiers.
Les pins, les ajoncs, je les préfère,
Dans ces matières, je suis premier.
Ah !
J’ai laissé tomber mon cœur
Dans le
fond d’un encrier.
Dans ma
musette y avait des fleurs
Mais elles
se sont fanées.
Et j’ai caché sous mon pupitre,
Un lièvre perlé de rosée.
Ce n’était pas pour faire le pitre,
Mais j’aime tant le caresser.
Sur la rivière de la vie,
Il a bien fallu naviguer.
Mais je revois toujours ravi,
Les fleurs des branches d’olivier.
10 Août 1990